François Chérèque : « On ne sera pas neutres »

Publié le 26/01/2012 à 00H00
François Chérèque était, hier, à Nancy pour faire le point avec les adhérents lorrains sur l'état d'avancement des mutations et les efforts de changement « pour être moins une organisation de mecs de 50 ans et blancs ».
François Chérèque : « On ne sera pas neutres »
François Chérèque : « On ne sera pas neutres »
François Chérèque était, hier, à Nancy pour faire le point avec les adhérents lorrains sur l'état d'avancement des mutations et les efforts de changement « pour être moins une organisation de mecs de 50 ans et blancs ».

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 26 Janvier 2012 / Région /

 

 

Sur les 35 heures, François Chérèque assure que « le syndicat fera son boulot de syndicat jusqu'au bout, avant, pendant et après les élections. » Photo Anthony PICORE

François Chérèque avait rendez-vous, hier à Nancy, avec 520 militants. Mais, il est arrivé la veille, pour passer un peu de temps avec son père.

La journée de travail a été scindée en deux. Le matin, il s'agissait de positionner le syndicat dans le débat sur la présidentielle. Principe de base : « On participera aux débats sociaux, économiques, car on a notre mot à dire. On ne sera pas neutres, c'est sûr. Mais pour autant, pas d'engagement partisan. » La CFDT a publié, hier, une adresse aux candidats déclarés, à l'exception de l'extrême gauche et de l'extrême droite. « Car on ne partage pas les valeurs de Mme le Pen ». La CFDT demande aux candidats de se déterminer dans trois domaines : la réduction des inégalités, l'économie et les moyens de restaurer la compétitivité du pays, et le dialogue social, « qui depuis deux ou trois ans pose problème sur la méthode'. À partir de là les adhérents feront leur choix ».

Sur les 35 heures, François Chérèque assure que « le syndicat fera son boulot de syndicat jusqu'au bout, avant, pendant et après les élections. Si le gouvernement profite de la période préélectorale pour modifier le financement de la protection sociale ou modifier le temps de travail on s'exprimera. On ne se privera pas d'user notre droit de critique ! »

Du sang neuf

Même si la finance n'est pas l'ennemie de François Chérèque, il reconnaît que « c'est là un sujet lourd. Les salariés ne comprennent pas pourquoi, quatre ans après la crise de 2008, on ne soit pas allé plus loin, plus fort dans la régulation de la finance mondiale et que les politiques n'aient pas tenu leurs promesses. Le discours sur la finance le plus dur entendu dans ma vie était celui du Président en 2008 à Toulon ! ». Il considère, qu'à ce jour, il n'a pas été répondu à la vraie question qui est celle des pouvoirs des politiques face à l'hyperpuissance de la finance.Mais, hier, il était aussi là pour parler des mutations du syndicat. Il a donné un exemple du nouveau discours dans sa gestion de l'affaire SeaFrance, et a été applaudi par les militants. « Dire les choses, ça fait partie de notre effort de changement. Quand les militants font des choses inacceptables, il faut qu'on prenne nos responsabilités. On ne peut pas laisser planer le soupçon qu'on s'enrichit ou qu'on enrichit le syndicat ». La mutation va loin. Il s'agit de renouveler les équipes, trouver du sang neuf, en phase avec la société d'aujourd'hui. « Bref qu'on soit moins une organisation de mecs de 50 ans et blancs ». C'est dit.

M. R.