L'école au régime sec

Publié le 04/01/2011 à 00H00
Seize mille postes supprimés à la rentrée de septembre 2 011. La Lorraine paie l'un des plus lourds tributs.
L'école au régime sec
L'école au régime sec
Seize mille postes supprimés à la rentrée de septembre 2 011. La Lorraine paie l'un des plus lourds tributs.

L'Est Républicain, Mardi le 04 Janvier 2011 / Education

 

Le Père Noël présentait les traits du Père Fouettard lors du dernier comité technique paritaire ministériel de l'Éducation nationale à la veille des vacances de Noël. Les syndicats (Fsu, Se-Unsa, Sgen-Cfdt, Cgt) avaient décidé de manifester leur mécontentement en quittant la réunion, pour certains, en la boycottant.

Les nouvelles n'étaient guère réjouissantes : 16 000 suppressions de postes à la rentrée de septembre 2011. Soit 8 367 emplois (équivalent temps plein). En juin 2010, le ministre de l'Éducation nationale indiquait que depuis 1990, la baisse démographique s'était traduite par une diminution de 700 000 élèves tandis que 50 000 postes supplémentaires d'enseignants avaient été créés. Mieux : le ministère a retrouvé (miraculeusement) un peu plus de 20 000 postes qui n'apparaissaient pas dans les décomptes officiels. Les syndicats font à leur tour les comptes : 46 000 postes auront été supprimés en trois ans selon eux, alors que la démographie s'apprêterait à repartir à la hausse.

L'académie de Nancy-Metz, avec Lille, Créteil et Versailles, est l'une de celles qui paie le plus lourd tribut, au regard de ses effectifs : 298 suppressions dans le primaire (2,3 % des 12 453 postes) et 524 dans le secondaire (3,4 % des 15 139 postes). En sa défaveur : le taux d'encadrement, supérieur à la moyenne, notamment par rapport à des académies du sud, de l'ouest ou de Paris, en forte progression démographique. « Un écart qui avait déjà tendance à diminuer », regrette Marie-Pierre Forget, secrétaire académique du Snes-Fsu.

La dimension territoriale est à peine esquissée : faut-il ou non fermer des collèges ou des lycées, notamment des lycées professionnels parfois à très faibles effectifs (moins de 100 élèves). La Région répond non pour les lycées, les départements refusent de se mouiller à trois mois des cantonales. Même si la pertinence pédagogique de maintenir de si petits établissements mérite réflexion. « Sur le fond, ça se discute, à condition que la discussion se déroule en toute transparence, ce qui est loin d'être le cas », regrette Marie-Pierre Forget.

Alors que les principaux partis se sont emparés des questions éducatives en vue de la présidentielle, le débat sur pédagogie et territoires ne pourra être longtemps éludé.

Philippe RIVET


 


APPEL A MANIFESTER : L'ECOLE EST L'AFFAIRE DE TOUS