Mobilisation mitigée contre l'austérité

Publié le 01/03/2012 à 00H00
Entre 1 000 et 2 000 manifestants ont défilé, hier, dans les rues de Metz et Nancy à la veille de la signature du traité renforçant la discipline budgétaire au sein de l'Union européenne.
Mobilisation mitigée contre l'austérité
Mobilisation mitigée contre l'austérité
Entre 1 000 et 2 000 manifestants ont défilé, hier, dans les rues de Metz et Nancy à la veille de la signature du traité renforçant la discipline budgétaire au sein de l'Union européenne.

© Le Républicain Lorrain, Jeudi le 01 Mars 2012 / Région /

 

 

À Metz, le cortège a dénoncé : « la fameuse règle d'or que l'Europe veut imposer à tous les salariés.» Photo Karim SIARI

Mobilisation en demi-teinte à 53 jours de la présidentielle. L'appel à la manif lancé par la Confédération européenne des syndicats (CES) dans 27 pays de l'Union, s'est heurté en France au calendrier électoral. D'emblée la CFDT, pourtant adhérente de la CES, a marqué ses distances avec une mobilisation politisée au niveau national. « La CFDT ne sera pas dans les rassemblements ou les manifestations dont l'enjeu est de s'attaquer au couple Parisot-Sarkozy », précisait Marcel Grignard, numéro deux de la confédération. pas question pour autant pour la CFDT de déserter le terrain.
Un lieu symbolique

Tandis que François Chérèque défilait à un rassemblement devant le siège du Conseil européen à Bruxelles, plusieurs centaines de manifestants se sont joints au cortège rassemblant sur le Pôle européen de développement du Pays-Haut des délégations de syndicats belges, luxembourgeois et français (FGTB, OGB-L, CSC, CGT, CFDT, CES...) Au terme d'une distribution de tracts aux automobilistes, les quelques centaines de manifestants ont pris la direction de la Banque européenne d'investissement (BEI) de Luxembourg-ville, où ils ont été reçus par le secrétaire générale de cette dernière. « On a choisi le PED car c'est un lieu symbolique en Europe, où les mouvements de travailleurs sont parmi les plus nombreux. L'austérité n'est pas une solution, car ce sont les plus démunis qui sont touchés, et pas les fautifs, ou les mieux lotis. Les gouvernements touchent pas ou peu à la fiscalité des plus hauts revenus. Ensuite, aller à la BEI, lieu symbolique là-aussi, c'est dénoncer cette financiarisation de l'économie qui a provoqué tant de dégâts. Il nous faut sortir de ce système, et du capitalisme destructeur », expliquaient Anne-Marie Dory, de la FGTB belge et Patrick Magnette, de la CGT du bassin de Longwy. Mêmes arguments pour justifier la mobilisation du jour dans les cortèges principalement alimentés à Metz et à Nancy par les militants de la CGT, épaulés par quelques dizaines d'adhérents de l'Unsa, de la FSU, de Sud et de la CNT : « On est là contre cette fameuse règle d'or que l'Europe veut imposer à tous les salariés », s'insurge Denis Pesce secrétaire général de la CGT de Moselle. « Contre la saignée qui va pénaliser le monde du travail ! Nous nous opposons à un projet de traité qui instituerait mécaniquement l'austérité sous contrainte et empêcherait par là même toute politique de relance visant l'emploi », renchérit Philippe Hoelinger, secrétaire général de l'Union régionale de l'Unsa. À noter également que près de 150 manifestants franco-allemands (CFDT, CGT, DGB, IG Metall) se sont rassemblés sur le site de l'ancien poste frontière de Sarrebruck de la Brème d'or. Une première !